Portrait

 

Aimer la France, envers et contre tout


J’exprime ma reconnaissance à ceux qui m’ont fait l’honneur de leur confiance durant tant d’années. J’ai été, grâce à vous, un serviteur enthousiaste de mon pays et du Tarn. Je dis aussi merci du fond du cœur à ceux qui, dans la campagne électorale de 2012, ont été d’un dévouement sans limites, nuit et jour ; et même si j’ai le sentiment d’avoir tout donné au Tarn et à mon pays, je ne pourrai jamais rendre en affection et en fidélité ce que j’ai reçu de tant de tarnaises et de tarnais.

Je leur dis : ne baissez pas la tête, restez fiers du chemin parcouru, de l’œuvre accomplie ensemble, de liens de fraternité si profonds, de tant de bonheurs simples partagés, qui effaceront, avec le temps, le souvenir d’une défaite de circonstance.

Le député qui représente notre circonscription à l’Assemblée nationale aura la tâche difficile. Je sais combien, dans notre pays, le doute l’emporte vite sur l’enthousiasme même si, en l’espèce, on ne l’a pas suscité. Je sais aussi combien l’attente de ceux qui souffrent sera exigeante à l’égard de ceux qui détiennent désormais la totalité des pouvoirs publics.

Dans l’épreuve, comme naguère dans la victoire, je ne retiens qu’une exigence : aimer la France, envers et contre tout.

 

Portrait de Bernard Carayon

 

par Corinne Jourdas, Soual, mars 2012

Bernard Carayon est né le 1er octobre 1957 dans une famille originaire de Carbes, petit village de la plaine castraise. Dès son plus jeune âge, il tombe dans la marmite politique: “Les débats enflammés étaient l’axe principal des conversations familiales. Mon père, qui était fonctionnaire avait une haute estime du service de l’Etat, il m’a transmis le goût du service public et l’amour de la République”, explique-t-il. Ces valeurs, il a choisi de les vivre dans sa région d’origine en devenant député du Tarn en 1993, puis Maire de Lavaur, deux ans plus tard. Des hauts et des bas, il en a connus, ces moments difficiles qui lui ont appris à se remettre en cause. Il considère pourtant son attachement à la terre tarnaise comme naturel, presque charnel: « Certains croient que la politique peut se faire uniquement à partir de livres et de rapports d’experts, mais pour moi, la source de l’action politique, c’est d’abord la rencontre avec les gens et le partage».

Des rapports et des livres, il en a quand même écrit ; d’abord pour témoigner des réalités de la vie des gens, de leurs espoirs et de leurs colères (Changeons le monde, 2008). Pour convaincre aussi les pouvoirs publics de se doter des outils pour protéger les français, jusqu’à créer en pleine crise un Collectif Industriel et Ouvrier, entrainant avec lui quarante de ses collègues députés pour s’élever contre les délocalisations qui minent notre pays. Le Patriotisme économique, titre d’un autre de ses ouvrages (2006), il le considère, ici encore, en termes concrets: « c’est une réponse pour relancer l’emploi et la croissance du pays dans une compétition de plus en plus rude et injuste » explique-t-il. S’il peste contre la lenteur de la prise de conscience des pouvoirs publics, il reconnaît tout de même que son engagement a souvent été entendu. Il cite, en exemple, la création du Fond Stratégique d’Investissement (FSI) qui protège et accompagne des entreprises françaises sur les marchés étrangers (170 000 emplois consolidés en France), ou bien la loi empêchant le vol des secrets et savoir-faire de nos entreprises.

Le patriotisme, qu’il a chevillé au corps, il refuse pourtant d’en faire une idéologie. « Le patriotisme, c’est simplement l’amour des siens, pas la haine des autres», reprenant le mot de Jean Jaurès. Aux idéologies et aux partis qui enferment, il préfère l’ouverture aux hommes et aux femmes de bonne volonté, de toutes sensibilités politiques. C’est ainsi qu’il a fait bénéficier à de nombreuses associations et communes, quels que soient leurs bords politiques, des aides financières, leur permettant de finaliser leurs projets. C’est aussi dans cet esprit qu’il a créé avec l’ancien député (PS) Jean-Michel Boucheron une fondation d’entreprise travaillant sur les grands enjeux de la mondialisation. Pour diriger cette fondation, il a choisi un ancien syndicaliste de la CGT, Thomas Janier. «Tant pis pour ceux qui seront choqués» répond-il. La devise de sa famille « Plan far e daissar dire » (Bien faire et laissez-dire), il essaie de la vivre au quotidien.

« La politique et le Tarn, c’est ma vie » lance-t-il volontiers, même si l’éducation a toujours été une passion. Depuis sa défaite de 2012, il est redevenu avocat, enseigne aujourd’hui à Sciences-Po et à l’Ecole de Guerre Economique et n’a rien oublié des cours qu’il donnait en lycée professionnel, pour financer ses études il y a trente ans, sur l’environnement et l’énergie. C’est hors de la politique, auprès des siens et dans son métier qu’il puise son énergie. Officier de réserve chez les parachutistes, il a entrainé dans sa passion sportive sa femme, Laetitia, et trois de ses enfants (le 4ème n’a que 13 ans), toujours au nom de ses valeurs « liberté et solidarité ».

 

Portrait chinois

 

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