Article Le FIgaro 03/06/17 Une plaisanterie de Macron sur les Comoriens suscite l'indignation

6 juin 2017 Laissez vos commentaires

“Le kwassa-kwassa (une embarcation fragile) amène du comorien”.Quel mépris à l’égard de pauvres gens. Beaucoup meurent lors de la traversée vers Mayotte. Même si cette immigration illégale doit être stoppée, cela n’autorise pas un homme, a fortiori le président de la République, à tenir de tels propos. Après les “sans-dents” de Hollande, les propos sur les ouvrières ” illettrées” de Gad, les alcooliques du Nord, le mépris social, et maintenant le mépris ethnique, sont devenus propos d’État.
J’ai honte.

 

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En visite jeudi dans le Morbihan, le président de la République a plaisanté au sujet des «kwassa-kwassa», des petites embarcations utilisées par les migrants pour rallier Mayotte.

La plaisanterie n’est pas passée. En visite jeudi au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage atlantique (CROSS) d’Etel dans le Morbihan, Emmanuel Macron a eu des propos déplacés au sujet de migrants comoriens. C’est une caméra de l’émission Quotidien de TMC qui révèle la scène. Lors d’un échange avec un officiel, autour notamment des différents types d’embarcations de pêche, le président de la république s’est livré à une blague qui a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.

«Il y a des tapouilles et des kwassa-kwassa», lui indique l’officiel. «Ah non, c’est à Mayotte le kwassa-kwassa», relève alors Emmanuel Macron. «Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent», plaisante-t-il. Après un bref silence gênant, il ajoute: «Les tapouilles, c’est les crevettiers».

Sur la vidéo, on discerne qu’un malaise s’installe autour du chef de l’État, notamment chez Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Le service de communication de l’Élysée, contacté par le Lab d’Europe 1 samedi, a indiqué que les propos du président étaient «une plaisanterie pas très heureuse» et «malvenu». «C’est une plaisanterie pas très heureuse sur un sujet grave, dont le président de la République a pleinement conscience (…) C’est complètement regrettable et malvenu».

Sur LCi, l’Elysée ajoute: «C’était une plaisanterie pas très fine et malheureuse, mais qui ne reflète pas la politique d’Emmanuel Macron ou sa prise de position sur le sujet. Il est difficile de taxer le président de racisme ou de légèreté (…) C’est une polémique qui n’a pas lieu d’être. Emmanuel Macron a une ligne claire vis-à-vis de l’immigration clandestine et des migrants. Il a par exemple été l’un des premiers a salué la politique migratoire d’Angela Merkel.»

Ces propos ont provoqué de nombreuses réactions sur Twitter de la part de responsables politiques. «Ce n’est pas parce qu’on dit que c’était pour rire qu’on n’a rien dit», a déclaré le chef de file de LR pour les législatives, François Baroin. «C’était évidemment choquant, encore plus quand on est président», a-t-il jugé, en marge d’un déplacement en Corse.

«Si Sarkozy président avait prononcé cette phrase face caméra, le tollé aurait été gigantesque. ‘Du’ Comorien. 12.000 morts. Et là… insensé», a réagi l’ex-ministre écologiste Cécile Duflot.

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